Premiers enseignements de l’expérimentation d’Albias
Dans la continuité du protocole de suivi lancé avec l’Institut de l’Élevage, Ombrea dévoile aujourd’hui les premiers résultats de l’expérimentation menée sur le site de Gatilles, à Albias (Tarn-et-Garonne).
Ce retour d’expérience vient confirmer, à partir de données terrain, le rôle de l’agrivoltaïsme comme levier d’adaptation des systèmes d’élevage face aux enjeux climatiques.
Un site d’étude similaire aux projets ovins
Le projet expérimental de Gatilles s’inscrit dans un contexte d’élevage ovin allaitant 100 % herbager, avec un troupeau d’environ 150 brebis mères.
La centrale solaire, implantée sur une ancienne parcelle agricole, couvre 9,1 hectares pour une puissance installée de 5 MWc, avec des structures de type trackers et un inter-rang de 4 mètres.
Pâturée depuis 2023, la parcelle constitue un terrain d’étude particulièrement pertinent pour analyser :
- l’impact des structures photovoltaïques sur le comportement animal
- les effets sur le confort thermique
- les conséquences agronomiques sur la production fourragère
Un effet confirmé sur le confort thermique des animaux
L’un des enseignements majeurs de l’expérimentation concerne l’impact de l’agrivoltaïsme sur le comportement des brebis face aux conditions climatiques.
Les observations montrent que :
Ce comportement traduit une utilisation active de l’ombrage proposé par les structures, confirmant leur rôle dans la régulation du stress thermique.
Par ailleurs, l’évaluation qualitative montre que le troupeau est globalement en bonne santé et majoritairement détendu, sans signes de stress ou d’agressivité
Ces résultats viennent illustrer concrètement le service attendu par la réglementation : l’amélioration du bien-être animal par le confort thermique.
Les mesures microclimatiques réalisées sur le site montrent que, lors des périodes de stress thermique estival, les valeurs de THI (Temperature-Humidity Index) et de HLI (Heat Load Index) sont systématiquement plus faibles sous les structures photovoltaïques que dans les zones en plein soleil. Ces différences indiquent que les structures PV permettent de limiter l’exposition des animaux à des conditions thermiques extrêmes, en réduisant la charge thermique globale ressentie.
Des interactions positives avec les structures photovoltaïques
L’expérimentation met également en évidence des interactions intéressantes entre les animaux et les infrastructures.
Les brebis utilisent régulièrement les structures pour se frotter (jusqu’à plusieurs dizaines de fois par jour), sans apparition de blessures ni de dégradation significative.
Ce type d’interaction témoigne d’une appropriation des équipements par les animaux, contribuant à leur confort et à leur bien-être quotidien.
Une production de biomasse globalement améliorée
Au-delà des aspects zootechniques, l’étude s’est attachée à analyser l’impact des panneaux solaires et de l’ombrage qu’ils génèrent sur la prairie.
Les résultats montrent une différenciation marquée selon les zones :
- zone PV (inter-rang et sous panneaux) : 4,5 tonnes de matière sèche par hectare
- zone témoin : 3,94 t/ha
A l’échelle globale de la centrale, on observe une tendance positive, la production totale de biomasse est en moyenne supérieure de 15 % par rapport à la parcelle témoin. Ces résultats confirment que l’agrivoltaïsme peut améliorer la productivité globale du système, malgré des variations locales.
Une qualité fourragère renforcée
L’analyse de la valeur alimentaire des fourrages met en évidence des bénéfices significatifs dans les zones sous centrale.
Les résultats montrent notamment en zone avec panneaux :
- une augmentation des teneurs en matières azotées (jusqu’à 160–170 g/kg contre 100 g/kg sur la zone témoin)
- un équilibre protéines-énergie plus favorable (BAPRO positif sous centrale)
- une valeur énergétique légèrement supérieure
Par ailleurs, un encombrement légèrement plus faible des fourrages pourrait favoriser leur ingestion par les animaux.
Ces éléments suggèrent que les conditions microclimatiques créées par les panneaux permettent de produire un fourrage potentiellement plus nutritif et mieux valorisé par les animaux.
Des résultats à interpréter avec prudence
Comme tout retour d’expérience en phase exploratoire, ces résultats doivent être considérés avec précaution. Leur interprétation est aujourd’hui limitée par plusieurs facteurs, notamment un historique parcellaire encore partiellement connu, un démarrage tardif du pâturage ayant entraîné un embroussaillement de la parcelle, ainsi qu’un jeu de données encore restreint. Ces premiers résultats permettent néanmoins de dégager des tendances intéressantes, qui appellent à être confirmées et consolidées dans la durée.
Une démonstration concrète du rôle de l’agrivoltaïsme
L’expérimentation d’Albias illustre concrètement la capacité de l’agrivoltaïsme à :
Au-delà des résultats eux-mêmes, ce site pilote démontre l’importance de combiner observations terrain, indicateurs de confort thermique (THI, HLI) et modélisation pour concevoir des projets agrivoltaïques réellement adaptés aux enjeux agricoles.
FAQ - Les enseignements de l'expérimentation d'Albias
En quoi consiste l'expérimentation d'Albias ?
Elle est menée sur le site de Gatilles, à Albias (Tarn-et-Garonne), dans le cadre du protocole de suivi lancé avec l’Institut de l’Élevage. Le contexte est un élevage ovin allaitant 100 % herbager d’environ 150 brebis mères. La centrale couvre 9,1 hectares pour 5 MWc, avec des structures de type trackers et un inter-rang de 4 mètres. La parcelle est pâturée depuis 2023.
Les brebis utilisent-elles vraiment l'ombrage des panneaux ?
Oui. Les mesures microclimatiques montrent que, lors des périodes de stress thermique estival, le THI et le HLI sont systématiquement plus faibles sous les structures photovoltaïques que dans les zones en plein soleil. Le comportement observé traduit une utilisation active de cet ombrage, ce qui confirme le rôle des structures dans la régulation du stress thermique.
Les structures photovoltaïques présentent-elles un risque pour les animaux ?
L’expérimentation ne relève ni blessures ni dégradation significative, alors que les brebis se frottent régulièrement aux structures, jusqu’à plusieurs dizaines de fois par jour. L’évaluation qualitative décrit un troupeau globalement en bonne santé et majoritairement détendu, sans signes de stress ni d’agressivité.
Quel est l'impact de la centrale sur la production fourragère ?
La zone PV (inter-rang et sous panneaux) produit 4,5 tonnes de matière sèche par hectare, contre 3,94 t/ha sur la zone témoin. À l’échelle globale de la centrale, la production totale de biomasse est en moyenne supérieure de 15 % à celle de la parcelle témoin. La qualité progresse aussi : jusqu’à 160–170 g/kg de matières azotées sous panneaux contre 100 g/kg en témoin, un BAPRO positif et une valeur énergétique légèrement supérieure.
Ces résultats sont-ils définitifs ?
Non, ils relèvent d’une phase exploratoire. Leur interprétation reste limitée par un historique parcellaire partiellement connu, un démarrage tardif du pâturage ayant entraîné un embroussaillement, et un jeu de données encore restreint. Ils dégagent des tendances à confirmer et consolider dans la durée.